C’est une petite révolution dans la politique de modération d’OpenAI. Après des années de restrictions draconiennes, la start-up de Sam Altman s’apprête à lever le voile sur un « mode adulte » pour ChatGPT. Toutefois, pour ceux qui s’attendaient à un contenu visuel explicite, la déception est de mise : OpenAI mise sur la prudence et la suggestion.
Voici ce qu’il faut retenir des dernières révélations concernant cette fonctionnalité très attendue.
Pas de visuel, uniquement du texte « suggestif »
OpenAI a été clair : ce mode adulte ne transformera pas ChatGPT en plateforme pornographique. Selon un porte-parole cité par le Wall Street Journal, le contenu visé se rapproche de l’érotisme suggestif plutôt que de la pornographie pure.
L’ouverture sera strictement limitée aux conversations textuelles. La génération d’images, de voix ou de vidéos à caractère sexuel reste, pour l’heure, totalement proscrite. L’objectif affiché par Sam Altman en octobre dernier reste le même : « traiter les adultes comme des adultes », tout en protégeant les populations vulnérables.
Le casse-tête de la vérification d’âge
Si le lancement initial était espéré pour ce premier trimestre 2026, il se heurte à un obstacle de taille : la sécurité des mineurs. OpenAI travaille sur un système de prédiction d’âge capable d’estimer la maturité d’un utilisateur sans lui demander sa pièce d’identité à chaque interaction.
Cependant, les premiers tests ont montré des failles inquiétantes. L’algorithme aurait classé des mineurs comme adultes dans environ 12 % des cas. Avec plus de 100 millions d’adolescents utilisant ChatGPT chaque semaine, un tel taux d’erreur exposerait des millions de jeunes à des contenus inappropriés. Ce défi technique, couplé à des tensions internes sur l’éthique de cette ouverture, explique le report du projet sans nouvelle date précise.
Rester compétitif face à Elon Musk
Pourquoi OpenAI prend-elle ce risque ? La réponse est en partie concurrentielle. Depuis le lancement du mode « spicy » sur Grok (l’IA d’Elon Musk), de nombreux utilisateurs se sont tournés vers des modèles moins bridés.
Pour OpenAI, il s’agit de ne pas se laisser distancer sur le terrain de la « personnalité » de l’IA. Mais la firme avance sur des œufs, traumatisée par de précédentes polémiques liées à la santé mentale et aux risques de dépendance affective envers les chatbots.
Le projet reste donc pour l’instant dans les cartons des ingénieurs, le temps d’affiner des garde-fous qui devront être infaillibles avant que le premier « prompt » érotique ne soit autorisé.



