Réchauffement climatique : l’IA générative consommerait quotidiennement autant d’énergie que 1,5 million de foyers

Réchauffement climatique : l’IA générative consommerait quotidiennement autant d’énergie que 1,5 million de foyers

La course aux modèles d’intelligence artificielle (IA) générative — tels que ChatGPT et Gemini — de plus en plus lourds et puissants pose une question critique sur la durabilité des ressources mondiales. L’augmentation exponentielle des besoins en énergie, en eau et en matériaux pour faire fonctionner ces systèmes est jugée « complètement incompatible avec les exigences climatiques ».

Une consommation énergétique vertigineuse

L’opacité des géants du numérique (GAFAM) sur leur empreinte climatique rend l’évaluation difficile, mais les études révèlent des chiffres alarmants :

  • Opacité des Big Tech : Selon le Guardian, les émissions réelles des centres de données des Big Tech seraient environ 7,62 fois supérieures à celles officiellement déclarées.
  • Consommation par requête :
    • Une requête Google classique consomme environ 0,2 Wh.
    • Une question posée à ChatGPT 5 (version récente) réclamerait entre 18 et 20 Wh, soit jusqu’à 100 fois plus.
  • Impact quotidien : Avec 2,5 milliards de requêtes quotidiennes sur ChatGPT, l’IA générative consommerait chaque jour autant d’énergie que 1,5 million de foyers américains (deux fois plus énergivores qu’un ménage français).

En France, la consommation électrique des centres de données est passée de 2 % à 10 % de la production nationale en seulement trois ans.

Pénurie d’eau et de métaux rares

Au-delà de l’électricité, l’IA générative sollicite de manière critique d’autres ressources :

  • Besoin en eau : La climatisation énergivore des centres de données ayant été remplacée par le refroidissement à l’eau, la consommation est colossale. Un centre de données de taille moyenne peut utiliser jusqu’à 1,5 million de litres d’eau par jour .
  • Fabrication des puces : Le lavage du silicium pour les puces est extrêmement gourmand en eau. L’entreprise taïwanaise TSMC, géant du secteur, utilise 150 000 tonnes d’eau par jour sur ses sites existants, soit plus de 10 % de la consommation totale de l’île de Taïwan.
  • Concurrence des usages : Les puces contiennent environ 80 métaux différents. La demande est telle qu’elle crée une concurrence avec d’autres secteurs (comme les énergies renouvelables, qui nécessitent également ces métaux pour les éoliennes).

Les limites planétaires atteintes

Face à ces besoins insatiables, l’infrastructure énergétique ne suit plus. Les GAFAM investissent dans des centrales nucléaires, mais les limites sont déjà visibles.

Une source syndicale chez Microsoft alerte sur le fait qu’avec l’IA générative, « on touche réellement du doigt les limites planétaires » d’électricité. Les Pays-Bas, par exemple, ne peuvent plus autoriser de nouveaux data centers faute de pouvoir les alimenter.

Face à cette situation, l’association The Shift Project appelle à un grand débat démocratique sur la planification numérique et interroge : « Cela a-t-il un intérêt de mettre de l’IA partout ? Cela en vaut-il vraiment le coup ? »

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